enfance volée…

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Comme il est dur de voir la detresse d’un enfant dans ses yeux, de l’entendre dans sa voix, alors que l’enfance devrait être synonyme d’insoucience, de jeux, de bonheurs…
Même après 7 années d’exercice, jamais je ne pourrais me faire à de telles situations. Quand je rencontre un enfant et qu’il me raconte ses difficultés quotidiennes, une énorme envie de prendre cet enfant dans mes bras et de le réconforter me prend. Comment peut-on refuser de donner de l’amour à un enfant ? Comment peut-on faire vivre des horreurs physiques et psychologiques à des enfants, alors que ceux-ci ne demandent qu’à donner et recevoir de l’amour ?
“Un enfant apprend par l’exemple”. Comment pourra ce construire cet enfant qui vit au quotidien brimades, coups, humiliations ?
Mon rôle est alors d’écouter cet enfant, de lui montrer que je le crois, qu’il peut avoir confiance, que je suis là pour l’aider, le soutenir quoiqu’il arrive.
La lourde machine administrative et judiciaire de protection de l’enfance doit alors se mettre en route, et ce n’est pas rien !!
Mais parfois, à à peine une dizaine d’années, ses enfants ont déjà un tel parcours, que l’on se demande quelle pourrait être la solution pour qu’ils aillent mieu. Cette solution existe t-elle ?
Comment un enfant, retiré de sa maman tout petit et placé dans une famille d’accueil, séparé de ses frères et soeurs, de nouveau retiré de cette famille d’accueil quelques années plus tard pour aller dans la nouvelle famille de son père, voyant 1 we sur 2 sa maman qui n’est pas en capacité de l’accueillir, peut-il se construire sainement ?
Quel est le souhait de cet enfant: retourner vivre chez sa maman. Malheureusement cela n’est pas possible. Quelle va être la réponse de la justice ?? Un nouveau placement en famille, ou en foyer, une nouvelle séparation d’avec la fratrie….
La protection de l’enfance n’a malheureusement pas toutes les réponses, ni tous les moyens nécessaires. Mais cet enfant qui est mal, qui subit des violence, va “être punit” en guise de protection.
Il est alors primordial de bien expliquer à cet enfant tout ce qui se passe et va se passer, ne pas lui mentir, être disponible pour lui et surtout l’aider à ne pas culpabiliser.
Les enfants ressentent en général beaucoup de choses, et leur mentir serait une bien grande erreur. Il ne pourra se construire sainement que s’il sait que l’adulte peut-être quelqu’un de confiance, d’honnête, et d’aimant.
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j’aurais aimé te rencontrer il y a une bonne vingtaine d’années. Aurais-tu été comme les autres? avant de retirer un enfant à son milieu familial, il y a toujours moyen de faire pression sur les parents, leur faire comprendre pourquoi ils ont dépassé les limites de l’acceptable, et ce qui se passera s’ils continuent. Moi j’ai vu de très rares adultes faire un petit pas… bien sûr les parents qui font du mal à leurs enfants n’adhèrent pas d’entrée à ce qu’on leur dit… et après ce petit pas, les courageux pas téméraires ils ont baissé les bras. J’ai attendu 18 ans pour prendre moi-même ma liberté. Au prix fort. J’en veux encore à la terre entière pour le mal qu’on nous a fait sans que personne ne bouge alors que tant savaient… il aurait suffi que quelqu’un insiste, explique, menace. Ceux qui frappent les enfants sont des lâches tu sais, ils ne sont pas si forts que ça. Et puis autour d’un enfant il y a parfois des gens sains (oncle, tante, parrain, marraine, grand-parents) qui peuvent, le temps d’une thérapie, prendre le relais de la reconstruction… perso je suis tjs en relation avec mes parents après des années de silence, mais confidence, parfois je me dis que le silence c’était pas si mal; CONCLUSION si à ton niveau tu peux au moins faire un signalement quand tu es sûre que qqchose est anormal FAIS LE. Parce que bien sûr, la vie continuera pour l’enfant, et puis si Dieu le veut, la résilience fera son petit effet, le renforcera. Mais un jour cet enfant devenu adulte reprend son enfance en pleine figure, c’est ce que mon frère et moi on a vécu le mois dernier, et on ne peut plus rien y faire, faut vivre avec. Les enfants que tu croises ont besoin de toi, courage Manu. Bisous
Ce qui m’insupporte depuis que je fais ce métier est d’entendre des gens, en réel, à la TV, ds les médias, penser que l’AS est une méchante dame qui prend les enfants et les retire des familles. Déjà, la décision ne ns appartient pas, ensuite, oui, si un enfant est en danger ou en risque, on a ds l’obligation de faire un signalement, mais c’est le cas pour tous les citoyens….
enfin, il est certain qu’on travaille avec de nombreuses familles justement pour éviter le placement, car on sait combien c’est douloureux… et bien souvent on y arrive, les parents prennent conscience de leurs difficultés et acceptent aide et conseil pour le bien de tous. C’est avt tout ça notre travail, faire tout pour que les enfants se sentent bien ds leur famille et puissent ainsi se construire sainement.
C’est à toi que je dis courage…. car vivre de telles situations est une blessure à vie… Prends revanche en faisant de tes enfants les plus joyeux enfants du monde !!!! (je n’en doute pas une minute !!). Gros bisous et je suis très heureuse de t’avoir rencontrée, un jour, sur le net !!!!