Archive de la catégorie «leçon de vie»

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si la vie est terrible, les journées peuvent être si belles…

septembre 6, 2009

Elle a 16 ans, et son plus grand désir est d’aller à l’école… au péril de sa vie…


Dur de lire ça alors que nous ici, quotidiennement on se bat pour que nos jeunes restent scolarisés pour les bonnes raisons que l’on sait…

Le contraste est immense, flagrant, à la limite violent…

France – Afganisthan

“Ce matin-là, comme tous les jours, les petites silhouettes bleues ont quitté leur maison pour se rendre à l’école. Comme elles habitent les unes à côté des autres, les adolescentes ont pris l’habitude de se retrouver pour faire le chemin ensemble. Peut-être bavardaient-elles sous leur tchadri, mais discrètement car les jeunes filles font en sorte de ne pas se faire remarquer : leur ville, Kandahar, est restée le fief des talibans même après la libération du pays en 2001. Et puis, tout à coup, dans un nuage de poussière, des motos sont apparues. La scène s’est déroulée rapidement, dans une grande violence. Des hommes, après avoir forcé les lycéennes à se dévoiler, ont aspergé leur visage d’acide avec un pistolet à eau. Trois d’entre elles sont aujourd’hui dans un état grave, les autres sont blessées à des degrés divers. A l’hôpital, quand Atefa, 16 ans, a déclaré qu’elle retournerait le plus vite possible à l’école, sa sœur Shamsia, une des plus touchées, gémissait de douleur. Le visage totalement brûlé, elle a pourtant affirmé à ses professeurs : « Même s’ils recommencent cent fois, même s’ils doivent me tuer, je continuerai mes études. »”

Du courage, une force de vie et d’apprendre incroyable pour ces jeunes filles cachées derrière leurs voiles. Des vies sans droit, qui tentent malgré tous les interdits et dangers d’apprendre, de s’instruire.

Et la chasse des talibans à la scolarité en général (120 enseignants assassinés) , et à celle des filles en particulier est dernièrement sans relâche. A ce jour, 30 000 enfants, dont la plupart des filles sont descolarisées.

A voir le visage défiguré de ces jeunes filles, la souffrance dans leurs yeux, je me dis que la vie est terrible… On ne choisit pas où on nait, où on vit… certes… mais lorsqu’on voit de telles leçons de vie, on ne peut que se rendre compte qu’on est chanceux de vivre dans un pays où dès 3 ans nos enfants prennent le chemin de l’école, inconsciemment…

L’école est une chance… quelque soit le pays où l’on vit… la chance de s’instruire, de se socialiser, de croire en un avenir… et pour ces jeunes filles, une journée d’école doit être une belle journée où elles oublient peut-être pour un moment leurs demi-vies…

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enfant/parent

mai 31, 2009

9 ans d’exercice,

de travail avec des ados, des parents, des professionnels de l’enfance

et toujours pas découragée !

Toujours aussi impressionnée par les ressources de nos enfants… de cette force intérieure qu’ils ont en eux…

Fragiles, innocents, ils sont pourtant parfois exagérément forts… et inconsciemment vont prendre la place de leur parents défaillants.

C’est d’ailleurs souvent dans ces situations que l’on retrouve des enfants en absentéisme scolaire.

  • Jamais je n’oublierai ce jeune garçon, dont le papa est décédé et qui ne venait plus à l’école pour épauler sa maman complètement submergée…
  • Cette demoiselle, qui depuis 3 ans vit la plupart du temps seule, s’occupe de la maison comme une adulte, et de sa maman quand elle rentre ivre…
  • Cette jeune fille, qui s’occupe de ses frères et sœurs, non pas à la demande de ses parents, mais parce qu’elle se sent redevable, ou parce qu’elle sait que si elle ne le fait pas, cela ne sera pas fait…

Pas facile d’intervenir dans de telles situations…

Expliquer à une mère que raconter ses histoires de cœur à sa fille est déplacé et ne la regarde pas… n’est pas toujours entendable pour celle-ci puisque cela est synonyme pour elle de bonne entente dans une relation “mère-copine”….

Comment expliquer à ce garçon qu’il n’a aucun droit sur sa mère ou ses frères et sœurs alors qu’il s’est approprié la place de “père”, en pensant bien faire et en étant persuadé d’aider ainsi sa famille…

La famille acquiert toujours un équilibre, qu’il soit nuisible ou pas pour les enfants, cet équilibre lui est vital….

Intervenir dans ses familles est alors des plus délicat… puisque synonyme de rupture de cet équilibre… et donc explosion de la famille

Pourtant, je reste persuadée que l’enfance doit rester l’enfance, et l’adolescence de même… Ces enfants ont bien le temps de se comporter en adultes…. et il est bien dommage de voir autant d’enfants ou ado soucieux…

Les soucis sont pour le monde des adultes…

Maintenant, beaucoup d’enfants sont au courant des problèmes d’argent de leurs parents, des problèmes de couples, des problèmes de santé… rien ne leur échappe…

Il ne faut pas alors s’étonner de voir tout ce mal-être, tous ces enfants perturbés et tristes… soucieux de leur avenir si jeunes…

Rien que cette semaine, une maman qui dit à sa fille :

“je vais me suicider et faire croire à un accident, comme ça tu toucheras l’assurance vie, et nous n’aurons plus de problèmes d’argent…”

Imaginez ce que doit ressentir cette jeune ado !!!

Certains enfants, loin encore de l’âge adulte, ont déjà une valise énorme à porter emplie de souffrances, de questionnements, de tristesse, de désespoir

Et ils sont là, debout, avançant, même si c’est péniblement, ils avancent dans leur vie… trainant avec eux celle de leurs parents…

Je suis toujours bluffée par cette force, ce courage, cette humilité

Je suis toujours émue par leurs mots, par leurs sourires, par leurs regards lorsque j’arrive à leur faire admettre qu’ils doivent aussi penser à eux….

On a beaucoup à apprendre, nous, adultes, de nos enfants… et surtout garder à l’esprit qu’ils nous ressentent… au plus profond de leur être… ils savent nos émotions… les plus profondément enfouies…


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C’était bien l’école

février 23, 2009

Bien sur que la personnalité de nos enseignants est extrêmement importante… on a tous en souvenir un prof qui nous a poussé vers l’avant, par sa confiance en nous et ses encouragements !

Moi-même je me souviens de ma prof de français au collège, Melle Raynaud, qui nous permis le plein d’évasion, dont un voyage en Grèce ! Je n’étais pas amoureuse d’elle (!!!!), mais je sais que je la trouvais belle, intelligente, libérée : la femme parfaite pour la toute jeune ado que j’étais… elle a même réussi à me faire aimer le latin pendant ses 2 années de collège !!

Bien souvent, surtout en primaire et au collège, l’enfant qui a un professeur qu’il apprécie va faire tout son possible pour le satisfaire ! Pas encore conscient qu’il travaille à l’école pour lui et pour son avenir, il travaille pour recevoir les encouragements et la satisfaction de celui avec qui il passe tant de temps à l’école…

C’est vous dire comme il est important que les enseignants soient conscients de ce mécanisme… conscients qu’ils peuvent être des modèles

Car dans le cas contraire, certains professeurs irrespectueux peuvent “faire beaucoup de dégâts”.

Pour exemple, je suis allergique aux mathématiques depuis que j’ai eu un professeur au collège qui était un véritable “tortionnaire”…

On dit toujours qu’ “enseigner est le plus beau métier du monde”.

J’en suis persuadée, étant fille et sœur d’enseignants, et travaillant dans ce milieu.

Sauf qu’aujourd’hui, j’ai bien souvent dans mon bureau des élèves “à ramasser à la petite cuillère”, tant certains cours leurs sont insupportables !

C’est un véritable gâchis, car faire passer un enseignement dans la peur et une ambiance malsaine est impossible…

Un enfant apprend par l’exemple, un enfant a besoin d’être rassuré et valorisé pour grandir sainement.


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depuis 4 ans…

février 1, 2009

4 ans… 4 ans que je la connais.

Je me rappelle encore notre première rencontre… elle était toute jeune, toute timide… si fragile ! Elle n’est pas venue seule… pendant 1 an et demi, elle est venue avec sa meilleure amie, poussée par cette dernière à parler, pour stopper l’inacceptable…

Elle a parlé… tant bien que mal… je l’ai écouté, patiemment… Puis je lui ai expliqué… tant bien que mal… elle a écouté, patiemment…

Un placement en urgence en famille d’accueil… jamais facile… mais inévitable… je l’ai soutenue

Un retour en famille, et ma désolation de devoir “l’abandonner”… puisque je quittais mon poste…

A mon retour au Lycée, à mon grand étonnement, elle était toujours là…, 1 an et demi de plus… une femme presque…

Elle fut une des premières élèves à venir à la rentrée… elle est venue seule… et depuis septembre, elle passe chaque semaine.

Souriante, l’air épanouie, mure, ouverte, comme elle a changée !

Elle me raconte pourtant ses déboires, un an et demi de galère pour elle, et encore un changement de lieu de vie…. encore une nouvelle plainte de déposée.

Elle est majeure, je l’accompagne dans ses démarches de jeune majeure sans soutien familial, et devient sa référente.

Régulièrement elle passe, s’assoit et on s’entretient. Elle semble heureuse, amoureuse, presque adulte !

Vendredi elle est venue… un entretien de plus d’une heure… un supplice pour mon cœur de femme, de maman, d’AS…

Il suffit parfois de creuser un peu, de poser la bonne question pour découvrir derrière un si joli sourire une immense détresse

Mettre le doigt sur la souffrance… ce n’est jamais une partie de plaisir… car après il faut assumer… trouver les bons mots, les bonnes questions, les bonnes réponses pour aider, soutenir, soulager et avancer…

4 ans que je la connais… 4 ans qu’elle galère… et surement aujourd’hui plus que jamais…

4 ans d’entretiens, d’écoute, de confidences… Je les garde enfouie dans mon esprit, dans ma mémoire… et les garde comme un précieux trésor… car ce n’est pas rien de se confier… de dire des choses si intimes…

J’ai parfois l’impression d’en savoir trop… beaucoup trop sur toutes ces vies.. Je suis le déversoir de tant de souffrances… cela leur apporte quelques soulagements, heureusement…

Mais au bout de 4 ans, on se sent si proches, car malgré tout on partage tant… tant de moments… J’avoue vendredi avoir eu envie de pleurer avec elle… et sentir me traverser l’esprit  l’idée furtive de l’héberger chez moi ! …Quand l’émotif prend le dessus sur le professionnel…

Elle est perdue… malheureuse… et seule, si seule…

L’essentiel est invisible pour les yeux.

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A new Day

janvier 20, 2009

Évoquer l’évènement en musique…

car la musique c’est la joie, c’est l’espoir !

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bonté

décembre 21, 2008

L’altruisme est l’amour désintéressé d’autrui (définition du Petit Larousse), c’est-à-dire le souhait qu’autrui trouve le bonheur et la générosité n’attendant rien en retour. (Wikipédia)

Valeur des plus importantes à mes yeux à côté de la tolérance.

Un best seller suédois de Stefan Einhorn “L’art d’être bon” évoque l’importance de cette valeur et nous expose de bonnes raisons de la pratiquer.

De nos jours, être simplement gentil, rendre service sans rien attendre en retour devient rapidement suspect…. Il faut avoir de bonnes raisons. Une simple preuve de générosité devient louche.

Il faut une bonne excuse pour être généreux, et la nature nous l’offre, comme par exemple en cas de catastrophe naturelle où on peut voir des élans de solidarité et générosité.

Au delà de la bonté, on trouve l’empathie.

L’empathie est la capacité de se mettre à la place des autres et de les comprendre. Etre bon, ce n’est pas faire aux autres ce que vous aimeriez qu’on vous fasse, mais prendre compte ce que les autres, eux, apprécient.

“l’empathie n’est pas directement liée au fait de faire le bien, mais implique de saisir l’autre dans son mode de pensée et d’action

Cette capacité peut se développer tout au long de la vie. C’est une attention aux autres qui permet de mieux les comprendre et de dispenser efficacement sa bonté.

Selon cet auteur qui est aussi médecin, la gentillesse nous préserve de l’anxiété et de la dépression, renforce nos défenses immunitaires et accroit la longévité.

La bonté est une vertu épanouissante et un facteur de succès.

Entraide et solidarité sont au cœur de notre identité car elles ont permis à l’humanité de survivre.

Et puis, ce n’est pas si compliqué de dispenser ça est là du bonheur. Tendre une main, rendre un sourire, écouter, conseiller, rendre service… Chaque jour et chaque rencontre peut nous y amener.

Etre bon avec son prochain et être attentif à ce que mère Nature nous a offert, voilà mon souhait pour cette fin d’année.

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Image du jour (4)

septembre 30, 2008

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Image du jour (3)

septembre 16, 2008

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Image du jour (2)

septembre 7, 2008

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la pêche….

septembre 4, 2008

Au lieu de grands discours politiquement correct, voici un extrait de livre donné au personnel de mon établissement scolaire lors de la journée de pré-rentrée, par l’équipe de direction…

Envie de partager ce texte si profond et empli de tant d’espoirs….

en espérant que beaucoup de gens puissent croire en de telles idées….

Le Mot de la rentrée

« A tous ceux qui aujourd’hui imputent la constitution de bandes au seul phénomènes des banlieues, je dis : vous avez raison, oui, le chômage, oui, la concentration des exclus, oui, les regroupements ethniques, oui la tyrannie des marques, oui la famille monoparentale, oui le développement d’une économie parallèle et les trafics en tout genre, oui, oui, oui… Mais gardons-nous de sous-estimer la seule chose sur laquelle nous pouvons agir et qui, elle, date de la nuit des temps pédagogiques : la solitude et la honte de l’élève qui ne comprend pas, perdu dans un monde où tous les autres comprennent.

Nous seuls pouvons le sortir de cette prison-là, que nous soyons ou non formés pour cela.

Les professeurs qui m’ont sauvés – et qui ont fait de moi un professeur – n’étaient pas formés pour ça. Ils ne se sont pas préoccupés des origines de mon infirmité scolaire. Ils n’ont pas perdu de temps à en chercher les causes et pas davantage à me sermonner. Ils étaient des adultes confrontés à des adolescents en péril. Ils se sont dit qu’il y avait urgence. Ils ont plongé. Ils m’ont raté. Ils ont plongé de nouveau, jour après jour, encore et encore… Ils ont fini par me sortir de là. Et beaucoup d’autres avec moi. Ils nous ont littéralement repêchés. Nous leur devons la vie ».

« Chagrin d’école » de Daniel Pennac (Gallimard, décembre 2007)

(pages 41 et 42)